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Armani Group : les discussions sur la cession de 15 % de son capital s'engagent avec L'Oréal et LVMH

La vente d'une participation dans Armani Group, imposée par le testament de son fondateur, entre dans une phase active de négociation. L'issue de ce dossier pèsera directement sur la gouvernance d'Armani Beauty, l'une des licences de parfumerie les plus anciennes détenues par L'Oréal.

Fashion models showcase outfits on a runway (photographie d’illustration)
Photo : Mihaela Claudia Puscas — Unsplash

Armani Group se rapproche d'une cession partielle de son capital, plusieurs mois après la mort de son fondateur Giorgio Armani, survenue en septembre 2025 à l'âge de 91 ans. Selon Reuters, qui rapporte les propos tenus par le directeur général du groupe Giuseppe Marsocci en marge du défilé Giorgio Armani à Milan le 27 septembre, les discussions avec les repreneurs potentiels s'engagent désormais concrètement. Le Financial Times indique de son côté que des réunions sont prévues dans les prochaines semaines avec L'Oréal, LVMH et EssilorLuxottica.

Le testament de Giorgio Armani prévoit la vente de 15 % du capital du groupe dans un délai de dix-huit mois après son décès, et désigne L'Oréal, LVMH et EssilorLuxottica comme acquéreurs privilégiés. Interrogé sur la possibilité qu'un seul investisseur reprenne cette participation, Giuseppe Marsocci a déclaré, selon Reuters : « it is not written in stone that it has to be one investor ». Il a précisé qu'aucune décision n'a été arrêtée à ce stade, tout en indiquant que le groupe entend respecter le calendrier fixé par le fondateur, sous réserve d'un accord sur le prix et les modalités de la transaction.

Du côté de L'Oréal, la perspective d'un investissement dans Armani Group a déjà été évoquée publiquement. Lors d'un échange avec des analystes organisé pendant le Capital Markets Day du groupe en décembre 2025, le directeur financier Christophe Babule avait déclaré : « We are quite honoured by the consideration of the heirs of the family towards their willingness to see L'Oréal investing in their company. » Il avait ajouté ne pas pouvoir en dire davantage à ce stade, tout en confirmant qu'un tel dossier relève des sujets qu'un acteur de la position de L'Oréal dans la beauté de luxe se doit d'examiner.

Cette séquence s'inscrit dans une relation ancienne entre les deux groupes. L'Oréal exploite la licence beauté d'Armani depuis 1988, année où le groupe français a commencé à développer sous ce nom une gamme de maquillage, de soins et de parfums inspirée de l'univers du couturier. Ce partenariat a été renouvelé en 2018 pour une durée étendue jusqu'en 2050, ce qui en fait l'un des accords de licence les plus longs de l'industrie de la beauté.

Le modèle de la licence est central dans l'industrie du parfum de prestige : une maison de mode ou de couture conçoit l'image et la direction créative de la marque, tandis qu'un groupe de beauté comme L'Oréal, LVMH ou d'autres acteurs spécialisés assure le développement, la fabrication, la distribution et le marketing des produits parfumés et cosmétiques sous ce nom. Cette organisation permet aux maisons de couture de monétiser leur image sans investir dans l'appareil industriel du parfum, pendant que les groupes de beauté sécurisent l'accès à des marques à forte notoriété pour leurs portefeuilles fragrance et maquillage.

Une entrée au capital d'Armani Group serait d'une nature différente de la simple licence : elle donnerait à l'investisseur une voix directe dans la gouvernance de la maison elle-même, et non plus seulement dans l'exploitation de sa marque beauté. Pour L'Oréal, consolider ainsi sa position auprès d'Armani reviendrait à sécuriser sur le long terme un actif de parfumerie et de cosmétique déjà ancien et rentable, dans un contexte où les licences de mode constituent un pilier de la division luxe du groupe. Pour LVMH, une entrée au capital ouvrirait la voie à un rapprochement avec une maison qui, jusqu'ici, n'appartient pas à son giron, alors que le conglomérat multiplie par ailleurs les mouvements de consolidation de ses structures actionnariales.

La présence d'EssilorLuxottica parmi les acquéreurs pressentis illustre un autre aspect du modèle Armani : le groupe opère également une licence de lunetterie avec le fabricant franco-italien, ce qui explique son inscription parmi les repreneurs désignés par le testament. Cette diversité d'acquéreurs potentiels, entre spécialistes de la beauté, du luxe diversifié et de l'optique, traduit la variété des activités sous licence que compte la maison Armani au-delà du seul vêtement.

Pour les acteurs de la filière parfum, l'issue de ce dossier ne changera pas dans l'immédiat la conduite opérationnelle de la licence Armani Beauty, qui reste distincte de la structure capitalistique du groupe fondateur. Mais un changement d'actionnariat chez Armani Group peut influer, à moyen terme, sur les orientations stratégiques données à la marque, sur ses priorités d'investissement en création olfactive et en marketing, ou sur la manière dont les futurs renouvellements de licence seront négociés entre les deux parties. C'est un dossier de gouvernance de marque à surveiller pour quiconque travaille avec des licences de mode dans la parfumerie de prestige.

Denise Penon

À retenir

  • Le testament de Giorgio Armani impose la vente de 15 % du capital d'Armani Group dans les dix-huit mois suivant son décès (septembre 2025).
  • L'Oréal, LVMH et EssilorLuxottica sont désignés comme acquéreurs privilégiés ; des réunions sont attendues dans les prochaines semaines selon le Financial Times.
  • Le directeur général d'Armani Group, Giuseppe Marsocci, indique qu'aucune décision n'est prise et qu'un seul investisseur n'est pas obligatoire.
  • L'Oréal détient la licence beauté d'Armani depuis 1988, renouvelée en 2018 jusqu'en 2050 ; une entrée au capital serait distincte de cet accord de licence.
  • EssilorLuxottica figure parmi les acquéreurs pressentis en raison de sa licence de lunetterie avec Armani.

Citations attribuées

« it is not written in stone that it has to be one investor »

Giuseppe Marsocci, directeur général d'Armani Group

« We are quite honoured by the consideration of the heirs of the family towards their willingness to see L'Oréal investing in their company. »

Christophe Babule, directeur financier de L'Oréal

Sources

  1. 01

    Armani stake sale inches closer as L’Oréal and LVMH talks reported to begin

    Cosmetics BusinessMédia spécialisé

    Publiée le 28/09/2026 · consultée le 28/09/2026