Bogart : chiffre d'affaires en repli de 7,4% au premier semestre, le pôle parfums résiste
Le groupe Bogart conjugue marques de parfums et cosmétiques avec un réseau de boutiques en propre : un modèle qui explique pourquoi un semestre en baisse masque deux trajectoires opposées. La réorganisation du retail et le possible rachat de Marionnaud redessinent la manière dont le groupe compte diffuser ses marques.

Le groupe Bogart a publié un chiffre d'affaires consolidé de 114,7 millions d'euros pour le premier semestre 2026, en baisse de 7,4% à changes courants et de 5,3% à périmètre et changes constants, c'est-à-dire une fois neutralisés les effets de taux de change et de variations du périmètre d'activité. Pour un groupe qui associe des marques de parfums et de cosmétiques à un réseau de parfumeries en propre, ce repli traduit moins un essoufflement de la création qu'une réorganisation en cours de son activité de distribution physique.
Le détail par pôle, communiqué par Bogart, montre deux dynamiques distinctes. Le pôle Bogart Beauty Fragrances & Cosmetics, qui réunit le développement des marques et licences du groupe (Aholic, Carven, Chevignon, Jacques Bogart, Rose et Marius, Méthode Jeanne Piaubert, Stendahl), a généré 21,6 millions d'euros sur les six premiers mois, contre 22,4 millions un an plus tôt, soit une progression de 0,4% à périmètre et changes constants selon le groupe. L'activité Bogart Beauty Retail, elle, a généré 93,1 millions d'euros, en recul de 7,1%.
Bogart attribue ce recul du retail à un environnement économique et géopolitique qu'il juge défavorable à la consommation, ainsi qu'à la poursuite de la réorganisation de son réseau de magasins. Selon le groupe, 16 des 17 fermetures prévues en France dans le cadre de cette phase ont été réalisées, auxquelles s'ajoutent six fermetures nettes en Belgique et quatre en Allemagne. Bogart estime que cette réduction du parc, si elle pèse mécaniquement sur le chiffre d'affaires à court terme, doit améliorer l'efficacité opérationnelle et la rentabilité du réseau.
Ce découplage entre marques et distribution physique éclaire une particularité structurelle du groupe. La plupart des maisons de parfums s'appuient sur des circuits de distribution tiers, parfumeries indépendantes, grands magasins ou plateformes en ligne, pour diffuser leurs références, et ne supportent donc pas directement les coûts de bail, de personnel de vente ou d'implantation de points de vente. Un groupe qui détient à la fois des marques et un réseau de boutiques en nom propre absorbe en plus les cycles propres au commerce physique, ce qui explique que ses deux activités puissent évoluer en sens contraire sur un même semestre, l'une portée par les lancements, l'autre contrainte par les arbitrages de maillage commercial.
Pour le second semestre, Bogart anticipe une poursuite de la croissance de son pôle Beauty Fragrances & Cosmetics, soutenue par les lancements de produits et par l'élargissement de son réseau de partenaires, notamment avec la parfumerie allemande Parfümerie Pieper. Le groupe indique miser sur la bonne tenue de ses lignes haut de gamme et entend poursuivre sa stratégie de premiumisation de l'offre. Selon Bogart, les effets des mesures engagées sur le premier semestre commenceront à se matérialiser sur la rentabilité à partir du second semestre 2026, avec un impact plus marqué attendu en 2027.
Bogart rappelle par ailleurs que les négociations exclusives entre David Konckier, son actionnaire de référence, et les propriétaires du groupe Marionnaud sont toujours en cours. Marionnaud est un réseau de parfumeries sous enseigne présent dans plusieurs pays européens : son rachat éventuel changerait l'échelle du maillage retail dont dispose le groupe pour diffuser ses propres marques, en plus des boutiques déjà exploitées sous enseigne Bogart. Le groupe estime qu'une telle acquisition pourrait « offrir un nouveau relais de croissance pour les marques du groupe », sans toutefois que les termes de l'opération soient arrêtés à ce stade.
Ce mouvement s'inscrit dans une tendance plus large de resserrement des réseaux physiques dans la distribution de parfums et cosmétiques en Europe, où les enseignes doivent arbitrer en permanence entre maillage territorial, rentabilité par point de vente et concurrence du commerce en ligne. Une opération de la taille de Marionnaud, si elle aboutit, rapprocherait davantage la fonction de création de marques et celle de distribution au sein d'un même groupe, une intégration verticale qui reste minoritaire dans un secteur où la plupart des maisons préfèrent s'appuyer sur des distributeurs tiers.
Denise Penon
À retenir
- Chiffre d'affaires consolidé S1 2026 : 114,7 M€, en baisse de 7,4% à changes courants et de 5,3% à périmètre et changes constants
- Pôle Beauty Fragrances & Cosmetics (marques et licences) : 21,6 M€, +0,4% à périmètre et changes constants
- Pôle Beauty Retail : 93,1 M€, -7,1%, avec 16 fermetures de magasins en France sur 17 prévues, six en Belgique, quatre en Allemagne
- Renforcement du réseau de partenaires retail avec la parfumerie allemande Parfümerie Pieper
- Négociations exclusives toujours en cours pour un rachat éventuel du groupe Marionnaud par l'actionnaire de référence de Bogart
Citations attribuées
« offrir un nouveau relais de croissance pour les marques du groupe »
le groupe Bogart
Sources
- 01
Bogart : chiffre d'affaires en recul de 7,4% au premier semestre 2026
Publiée le 01/10/2026 · consultée le 05/10/2026
