Coty : la division Prestige limite l'érosion d'un exercice 2026 marqué par le repli du maquillage
Le groupe qui pilote les parfums Marc Jacobs, Chloé ou bientôt Swarovski, Etro et Marni a vu son chiffre d'affaires annuel reculer de 5 % à périmètre constant, plombé par sa branche maquillage grand public. Pour la filière fragrance, l'enjeu tient surtout à la réorganisation du portefeuille de licences, entre la sortie programmée de Gucci Beauty vers L'Oréal et l'arrivée de nouvelles marques de parfum.

Coty a publié le 20 août 2026 ses résultats du quatrième trimestre et de l'exercice fiscal 2026, selon Cosmetics Business. Le groupe français, propriétaire de marques comme Kylie Cosmetics et Rimmel London, et titulaire de licences de parfums telles que Marc Jacobs Beauty, affiche un chiffre d'affaires trimestriel en hausse de 1 % en données publiées, à 1,269 milliard de dollars, mais en repli de 1 % à périmètre constant (hors effet de change et de portefeuille). Sur l'ensemble de l'exercice, le chiffre d'affaires recule de 2 % à 5,86 milliards de dollars, et de 5 % à périmètre constant.
Selon le groupe, cette contre-performance annuelle tient principalement à la division Consumer Beauty, qui regroupe le maquillage grand public, pénalisée par des volumes plus faibles, une sous-absorption des coûts logistiques, des stocks excédentaires ou obsolètes et l'effet des droits de douane américains. La division Prestige, qui représente environ deux tiers du chiffre d'affaires de Coty et regroupe l'essentiel de ses parfums et cosmétiques haut de gamme, a mieux résisté malgré un repli de 4 % à périmètre constant sur l'année.
Dans l'industrie du parfum, la distinction entre activité prestige et activité de grande diffusion structure la plupart des grands groupes de beauté. La branche prestige fragrance repose largement sur des contrats de licence : le propriétaire de la marque, souvent une maison de mode ou un joaillier, confie à un groupe comme Coty, L'Oréal ou Puig la conception, la production et la distribution de ses parfums, moyennant le versement de redevances. Ce modèle explique pourquoi les mouvements de portefeuille de licences pèsent autant sur la trajectoire financière d'un groupe que ses propres marques détenues en propre.
C'est précisément ce type de mouvement qui marque l'exercice de Coty. Le groupe a finalisé la monétisation de sa participation résiduelle dans la marque capillaire Wella pour 750 millions de dollars, et a accepté de rétrocéder à Kering sa licence Gucci Beauty pour 400 millions de dollars, licence que L'Oréal doit reprendre par anticipation selon les informations rapportées par Cosmetics Business. Markus Strobel, président exécutif et directeur général par intérim de Coty, précise : « While the Gucci Beauty license exit will result in a step-down in sales and profit in FY28, we are developing plans to help moderate the impact. »
Pour compenser ce vide annoncé dans son portefeuille de parfums, Coty mise sur l'accélération de ses marques dites core et sur de nouvelles licences fragrance : maquillage sous Marc Jacobs Beauty, et parfums sous Swarovski, Etro et Marni, cités par le dirigeant parmi les leviers de moyen terme. Le groupe prévoit par ailleurs un programme de réduction de ses coûts fixes, dans un contexte où la rentabilité s'est nettement dégradée : l'EBITDA ajusté (résultat opérationnel avant amortissements et éléments non récurrents) sur l'exercice a chuté de 22 %, à 846,9 millions de dollars, sous l'effet conjugué de la baisse des volumes, de la sous-absorption des coûts, de la hausse des droits de douane et des stocks excédentaires.
Pour les fournisseurs de matières premières et les maisons de composition qui travaillent avec Coty sur ses lignes de parfums prestige, ce type de réorganisation de portefeuille a des conséquences concrètes. Un changement de licence transfère aussi les cahiers des charges olfactifs, les volumes d'achat et parfois les contrats de composition vers le nouvel exploitant de la marque. La bascule de Gucci Beauty vers L'Oréal, annoncée pour 2028, redistribuera ainsi une partie des volumes que Coty gérait jusqu'ici pour cette marque, tandis que la montée en puissance de nouvelles licences comme Swarovski, Etro ou Marni ouvre potentiellement de nouveaux volumes côté Coty.
Coty évoque un exercice 2027 de transition avant un retour à la croissance visé pour 2029, un calendrier qui illustre la temporalité longue des recompositions de portefeuille dans l'industrie du parfum. Entre la signature d'un accord de licence, le développement des jus, leur mise en marché et la montée en régime des ventes, plusieurs années s'écoulent souvent avant qu'un changement de portefeuille se traduise pleinement dans les comptes d'un groupe.
Denise Penon
À retenir
- Chiffre d'affaires Q4 2026 de Coty en hausse de 1 % à 1,269 milliard de dollars (données publiées), mais en repli de 1 % à périmètre constant
- Chiffre d'affaires annuel FY2026 en baisse de 2 % à 5,86 milliards de dollars, -5 % à périmètre constant
- EBITDA ajusté annuel en baisse de 22 %, à 846,9 millions de dollars
- Cession de la licence Gucci Beauty à Kering pour 400 millions de dollars, avec reprise anticipée par L'Oréal en 2028
- Monétisation complète de la participation dans Wella pour 750 millions de dollars
- Nouvelles licences fragrance annoncées : Swarovski, Etro, Marni ; maquillage sous Marc Jacobs Beauty
- Coty anticipe un exercice 2027 de transition avant un retour à la croissance visé en 2029
Citations attribuées
« While the Gucci Beauty license exit will result in a step-down in sales and profit in FY28, we are developing plans to help moderate the impact. »
Markus Strobel
Sources
- 01
Coty Q4 2026 sales impacted by weaker Consumer Beauty demand
Publiée le 20/08/2026 · consultée le 25/08/2026
