dsm-firmenich prépare l’après-fusion avec Richard Ridinger à la présidence
Le groupe ouvre un nouveau chapitre de sa gouvernance. Le conseil d’administration de dsm-firmenich propose à l’unanimité Richard Ridinger pour succéder à Thomas Leysen à la présidence. Un choix qui intervient au moment où le géant des ingrédients, de la parfumerie et des arômes entre dans une nouvelle phase de son intégration.

Le changement de visage est aussi un changement de séquence.
Le conseil d’administration de dsm-firmenich a proposé à l’unanimité la nomination de Richard Ridinger, actuellement administrateur indépendant du groupe, pour succéder à Thomas Leysen à la présidence.
Les actionnaires seront appelés à se prononcer sur cette nomination lors d’une assemblée générale extraordinaire prévue le 19 octobre 2026. Une fois son successeur élu, Thomas Leysen quittera ses fonctions d’administrateur et de président.
Derrière cette transition de gouvernance se dessine surtout la volonté de tourner la page de la fusion entre DSM et Firmenich pour entrer dans une phase plus opérationnelle : celle de l’exécution stratégique.
La fin d’un chapitre post-fusion
Selon l’entreprise, le calendrier de ce départ reflète l’avancement de l’intégration de dsm-firmenich et la mise en place de ses grandes orientations stratégiques.
Thomas Leysen pourra parallèlement consacrer davantage de temps à ses autres responsabilités dans le monde de l’entreprise et dans le secteur associatif.
Son départ intervient alors que plusieurs chantiers structurants du nouveau groupe sont désormais engagés : remodelage du portefeuille, renouvellement du comité exécutif et programme d’amélioration des marges.
Autrement dit, la question n’est plus seulement de réussir la fusion juridique et organisationnelle. Elle est désormais de démontrer que le nouvel ensemble peut produire de la croissance, des synergies et une rentabilité durable sur des marchés allant de la nutrition à la santé, en passant par la beauté, les ingrédients, les arômes et la parfumerie.
Richard Ridinger, un profil très “science et industrie”
Pour accompagner cette nouvelle étape, dsm-firmenich mise sur un dirigeant qui connaît à la fois le groupe et l’univers des industries scientifiques à forte valeur ajoutée.
Richard Ridinger cumule plus de trente ans d’expérience internationale dans les sciences de la vie, la chimie de spécialité et la santé.
Il a notamment dirigé Lonza de 2012 à 2019, période durant laquelle le groupe suisse a accéléré sa transformation pour devenir l’un des grands partenaires mondiaux de l’industrie des sciences de la vie.
Mais Ridinger arrive surtout avec un avantage rarement négligeable dans une période post-fusion : il connaît déjà très bien la maison.
Administrateur indépendant de dsm-firmenich depuis 2023, il avait auparavant siégé au conseil d’administration de Firmenich entre 2016 et 2023. Une continuité qui lui donne une connaissance approfondie de l’histoire, de la culture et des transformations successives du groupe.
Il occupe également plusieurs fonctions non exécutives, notamment la présidence du conseil de surveillance de Brenntag SE et celle du conseil d’administration de Recipharm AG.
Un choix stratégique pour un groupe fondé sur l’innovation
Pour l’industrie du parfum, cette nomination mérite d’être observée au-delà du simple jeu de chaises musicales.
dsm-firmenich évolue dans un environnement où la frontière entre chimie, biotechnologies, santé, science sensorielle et innovation produit devient de plus en plus poreuse.
La parfumerie elle-même est désormais confrontée à des enjeux qui dépassent largement la création olfactive : nouvelles molécules, biotechnologies, approvisionnement durable, réglementation, performance environnementale, intelligence artificielle ou encore valorisation scientifique des ingrédients.
Dans ce contexte, choisir un président dont le parcours s’est construit au croisement des sciences de la vie et de la chimie de spécialité envoie un signal clair : la science et l’innovation resteront au cœur du modèle industriel de dsm-firmenich.
Reste désormais une question essentielle : après avoir consacré plusieurs années à construire le nouveau groupe, dsm-firmenich peut-il transformer cette nouvelle architecture en avantage compétitif durable ?
La réponse ne se jouera pas seulement dans les laboratoires ou dans les organigrammes. Elle se mesurera aussi à la capacité du groupe à accélérer l’innovation, améliorer ses marges et faire dialoguer plus efficacement ses différents métiers — de la nutrition jusqu’au parfum.
Et c’est précisément sur ce terrain que commencera le mandat de Richard Ridinger, si sa nomination est approuvée par les actionnaires le 19 octobre prochain.
Denise Penon
