L'Oréal sélectionne 13 startups pour la deuxième édition de son programme d'innovation durable L'AcceleratOR
Le groupe de beauté a présenté les treize entreprises retenues pour la deuxième édition de L'AcceleratOR, doté de 100 millions d'euros. Pour les acheteurs de matières et les responsables packaging de la filière, ce type de programme façonne les alternatives qui pourront, demain, entrer dans les chaînes d'approvisionnement des grands groupes de beauté et de parfum.

L'Oréal a dévoilé, le 18 septembre 2026, les treize startups et PME retenues pour la seconde édition de L'AcceleratOR, son programme d'innovation durable doté d'une enveloppe de 100 millions d'euros. Selon le groupe, ce programme vise à soutenir des solutions capables de traiter, à grande échelle, les enjeux climatiques, la préservation de la nature et la circularité des matériaux.
Le groupe indique avoir élargi la portée géographique de cette édition : les entreprises sélectionnées viennent de huit pays. L'Oréal précise également avoir élargi le champ des défis abordés, avec une première sélection consacrée aux technologies de l'eau.
Dans le segment packaging et matériaux, L'Oréal a retenu Arda Biomaterials (Royaume-Uni), qui développe une alternative au cuir à base végétale pour des matériaux premium, Bormioli Luigi (Italie), fabricant d'emballages en verre allégé et résistant, Auressens (France), qui conçoit des pigments réfléchissants sans métal et recyclables pour l'emballage, et Newlight Technologies (États-Unis), qui convertit le méthane en matériau d'emballage.
Dans le segment ingrédients et formules, deux entreprises ont été retenues : Bioweg (Allemagne), qui recourt à la fermentation pour produire de nouvelles matières premières, et Envision Energy (Chine), qui développe de l'ammoniac vert destiné aux colorants capillaires à partir d'énergies renouvelables.
Le segment procédés industriels réunit six entreprises, selon L'Oréal : Without (Inde), spécialisée dans le recyclage d'emballages flexibles difficiles à traiter, HCpect (Chine), qui traite les déchets plastiques par recyclage chimique, MacroCycle (États-Unis), qui recycle le polyéthylène téréphtalate (PET) selon un procédé bas carbone, Nexus (Inde), qui produit des batteries à partir de déchets agricoles selon une technologie circulaire, Upheat Solutions Oy (Finlande), qui promeut l'efficacité énergétique via des pompes à chaleur industrielles, et Laminar (États-Unis), qui améliore la gestion industrielle de l'eau grâce à des capteurs intelligents. Enfin, dans le segment intelligence des données, Waterplan (États-Unis) a été retenue pour sa plateforme fondée sur l'intelligence artificielle, destinée à traiter les risques liés à l'eau et à la biodiversité.
Les treize entreprises seront accompagnées par le Cambridge Institute for Sustainability Leadership (CISL) et auront accès aux ressources du groupe pour préparer et lancer des projets pilotes d'une durée de six à neuf mois, selon L'Oréal. Le groupe indique que les solutions retenues pourraient, à terme, être déployées à l'échelle de ses opérations mondiales si les pilotes se révèlent concluants.
Un programme d'accélération d'entreprise fonctionne sur un principe simple : un grand groupe identifie des technologies émergentes portées par des jeunes entreprises, leur apporte un financement ciblé et un accès à ses sites industriels ou à ses équipes techniques, puis teste la solution en conditions réelles avant d'envisager une intégration à grande échelle. Pour un acteur de la taille de L'Oréal, ce format permet d'explorer des ruptures technologiques - fermentation, recyclage chimique, biomatériaux - sans porter seul le risque de leur développement initial. La fermentation de précision, mise en avant par Bioweg, désigne l'utilisation de micro-organismes programmés pour produire, en bioréacteur, des molécules qui remplacent des matières d'origine pétrochimique ou animale ; cette voie est de plus en plus explorée par les fournisseurs d'ingrédients de parfumerie et de cosmétique pour diversifier leurs sources d'approvisionnement.
Pour les acheteurs de matières premières et les responsables formulation de la filière beauté et parfum, ce type de programme structure en amont les options qui pourront, dans les prochaines années, compléter ou remplacer des matières d'origine fossile ou animale. Les catégories retenues cette année - packaging, ingrédients, procédés industriels et gestion de la donnée - couvrent des maillons différents de la chaîne : un fournisseur de matière issue de fermentation n'a pas le même impact sur un cahier des charges qu'un flacon en verre allégé ou qu'un capteur de consommation d'eau en usine. Un rapprochement de ce type resserre en général les liens entre un grand donneur d'ordres et un écosystème de fournisseurs technologiques encore émergents, ce qui peut accélérer leur passage à l'échelle industrielle tout en les rendant dépendants d'un client dominant.
Le choix d'une première sélection consacrée aux technologies de l'eau, mentionné par L'Oréal, s'inscrit dans une tension plus large sur cette ressource, qui touche aussi bien la culture de plantes à parfum que les sites de transformation industrielle. De la même manière, la place donnée aux procédés de recyclage chimique et à la fermentation reflète un mouvement observé dans plusieurs filières d'ingrédients : la recherche d'alternatives capables de réduire la dépendance à des matières fossiles ou à des approvisionnements naturels sous tension, sans que cela ne préjuge de leur adoption effective à grande échelle.
L'Oréal a par ailleurs présenté une série documentaire intitulée Entering L'AcceleratOR, qui suit trois entreprises de la précédente édition du programme et retrace, selon le groupe, la manière dont leurs équipes ont travaillé avec celles de L'Oréal pour préparer une commercialisation. La série est diffusée sur la chaîne YouTube du groupe.
Denise Penon
À retenir
- L'Oréal a dévoilé les 13 startups et PME de la deuxième édition de L'AcceleratOR, doté de 100 millions d'euros.
- Les entreprises viennent de huit pays ; première sélection consacrée aux technologies de l'eau.
- Quatre catégories couvertes : packaging et matériaux, ingrédients et formules, procédés industriels, intelligence des données.
- Bioweg (fermentation de matières premières) et Envision Energy (ammoniac vert pour colorants capillaires) figurent dans le segment ingrédients.
- Accompagnement par le Cambridge Institute for Sustainability Leadership et pilotes de six à neuf mois avant scalabilité éventuelle.
- Une série documentaire, Entering L'AcceleratOR, suit trois entreprises de l'édition précédente.
Sources
- 01
L’Oréal unveils companies for sustainable innovation program
Publiée le 18/09/2026 · consultée le 18/09/2026
