Baume du Pérou : la tension d'approvisionnement se prolonge depuis 2024
Le courtier en matières premières Berjé signale que le baume du Pérou reste difficile à approvisionner, une situation qui dure depuis plus de deux ans. Pour les acheteurs de fixateurs naturels, cette persistance change la nature du problème : il ne s'agit plus d'un aléa de récolte mais d'une contrainte structurelle.

Dans son rapport de marché daté du 2 septembre 2026, Berjé indique que le baume du Pérou demeure en tension d'approvisionnement, des difficultés de production continuant d'affecter le marché. Le courtier ne détaille pas la nature précise de ces difficultés dans cette dernière mise à jour, mais il s'agit du troisième signal de tension consécutif publié sur ce matériau depuis 2024.
Berjé retrace en effet une séquence continue : en août 2024, la récolte avait chuté de plus de 40 % par rapport à l'année précédente, avec une disponibilité limitée à la source une fois la campagne achevée, et des prix qualifiés de fermes. En mai 2025, la récolte suivante a démarré avec retard, ne débutant qu'en fin de mois, toujours sous tension d'approvisionnement et à prix fermes. La communication de septembre 2026 confirme que cette tension n'a pas été résorbée entre-temps.
Le baume du Pérou tire son nom de l'époque coloniale, où la résine était expédiée vers l'Europe depuis des ports péruviens, mais la matière n'est pas produite au Pérou : elle provient d'Amérique centrale, principalement d'El Salvador, à partir de l'arbre Myroxylon balsamum. La résine est obtenue par incision de l'écorce, qui provoque un exsudat recueilli manuellement puis traité pour produire l'huile ou le baume utilisé en parfumerie comme base fixatrice, c'est-à-dire une matière qui ralentit l'évaporation des composés volatils d'une composition et en prolonge la tenue.
Cette méthode de récolte reste artisanale et concentrée sur un nombre restreint de zones de production, ce qui explique la sensibilité du matériau aux aléas climatiques et aux conditions de main-d'œuvre locale : une mauvaise saison ou un retard de récolte se répercute directement sur les volumes disponibles, sans marge de compensation par d'autres bassins de production comme cela peut exister pour des matières cultivées sur plusieurs continents.
Pour les acheteurs de matières premières et les formulateurs qui intègrent le baume du Pérou dans leurs bases fixatrices, la répétition de ces tensions sur trois campagnes successives change la lecture du risque. Un aléa ponctuel se gère par un ajustement de stock ou une hausse temporaire de prix ; une contrainte qui se reproduit d'année en année pousse en général les acheteurs à sécuriser des contrats plus longs, à diversifier les sources d'approvisionnement quand elles existent, ou à réévaluer la part de ce matériau dans une formule au profit d'alternatives.
Cette situation illustre une dynamique plus large de la filière : les matières naturelles issues d'une origine géographique unique et d'un mode de récolte peu mécanisé sont structurellement plus exposées aux ruptures d'approvisionnement que les matières de synthèse ou les ingrédients biotechnologiques, dont la production peut être relocalisée ou ajustée plus rapidement. Ce différentiel de résilience pèse de plus en plus dans les arbitrages entre matières premières naturelles et alternatives lors de la conception des formules destinées à des marchés de grand volume.
Danièle Duffuler
À retenir
- Berjé signale une tension d'approvisionnement persistante sur le baume du Pérou dans son rapport du 2 septembre 2026
- La récolte 2024 avait chuté de plus de 40 % par rapport à l'année précédente, avec des prix fermes
- La récolte 2025 a démarré en retard, toujours sous tension et à prix fermes
- Le baume du Pérou provient d'Amérique centrale (notamment El Salvador), obtenu par incision de l'écorce de Myroxylon balsamum
- La récurrence des tensions sur trois campagnes traduit une contrainte structurelle plutôt qu'un aléa ponctuel
Sources
- 01
Publiée le 02/09/2026 · consultée le 28/09/2026
