Pays de Grasse : la chaire partenariale patrimoine arômes-parfums-cosmétiques franchit son premier comité de pilotage
La tenue du premier comité de pilotage d'une chaire universitaire dédiée au patrimoine olfactif du Pays de Grasse installe un cadre pérenne de financement de la recherche et de la formation, à un moment où la filière s'inquiète du renouvellement de ses compétences spécialisées. Robertet, membre fondateur, y associe pour la première fois une collectivité départementale, une agglomération et une université dans un même dispositif dédié aux matières premières et savoir-faire locaux.

Le comité de pilotage de la Chaire partenariale Patrimoine Arômes, Parfums et Cosmétiques en Pays de Grasse s'est réuni pour la première fois, ce qui marque le lancement opérationnel de cette structure. L'initiative associe le Département des Alpes-Maritimes, la Communauté d'agglomération du Pays de Grasse, Université Côte d'Azur et sa fondation, ainsi que Robertet, selon un communiqué publié par la maison grassoise. Pour un secteur où la transmission des savoir-faire agricoles et olfactifs conditionne la pérennité de l'approvisionnement local, la création d'une structure académique dédiée constitue un jalon institutionnel plutôt qu'un simple événement de communication.
Selon Robertet, ce premier comité a validé les premières actions, le budget et la feuille de route de la chaire, laquelle s'organise autour de quatre axes : recherche et innovation, formation, écosystème industriel et rayonnement. L'entreprise, présentée comme membre fondateur du dispositif, indique vouloir fédérer les acteurs de la filière autour d'un objectif de préservation, de transmission et de valorisation du patrimoine olfactif grassois, tout en répondant aux enjeux scientifiques, économiques, environnementaux et sociétaux du secteur.
La gouvernance de la chaire associe quatre types de partenaires aux intérêts complémentaires : une collectivité départementale, une intercommunalité directement concernée par l'aménagement du bassin économique grassois, un établissement universitaire agissant via sa fondation, et un industriel implanté sur le territoire depuis plus d'un siècle. Cette architecture à quatre partenaires, plutôt qu'un simple accord bilatéral entre une entreprise et une université, correspond au format classique des chaires partenariales françaises, où la mutualisation des financements vise à donner au dispositif une légitimité et une durée que ne garantirait pas un soutien uniquement privé.
Une chaire partenariale est un dispositif de financement et de gouvernance associant une université à des collectivités et des entreprises pour soutenir, sur plusieurs années, des programmes de recherche, des enseignements et des actions de diffusion autour d'un objet défini en commun. Ce format permet à des industriels d'un même bassin d'emploi de mutualiser des moyens que chacun ne réunirait pas seul, tout en donnant à l'université un accès direct aux besoins concrets de la filière. Le Pays de Grasse concentre depuis plus d'un siècle une part disproportionnée de l'activité française de matières premières et de composition olfactive : cultures de jasmin, de rose centifolia et de tubéreuse, sites de production de plusieurs maisons dont Robertet, et un tissu d'agriculteurs, de techniciens et de parfumeurs dont les compétences ne s'enseignent pas uniquement dans un cursus classique de chimie ou de biologie.
La formation figure explicitement parmi les quatre axes retenus par le comité de pilotage, ce qui répond à une préoccupation récurrente des industriels locaux : le renouvellement des postes qualifiés, de l'agronome au parfumeur, dans un bassin où l'offre de formation spécialisée reste concentrée sur un nombre limité d'établissements. L'axe écosystème industriel ouvre pour sa part un accès structuré, pour Université Côte d'Azur, aux terrains d'application que représentent les exploitations agricoles et les sites de production du bassin grassois. L'axe rayonnement vise à porter cette expertise au-delà du territoire, dans un contexte où d'autres régions productrices d'ingrédients naturels revendiquent également un patrimoine olfactif à valoriser.
Pour les entreprises de la filière, l'existence d'une chaire dotée d'un budget propre et d'une feuille de route élargit les canaux de financement de la recherche appliquée aux matières premières locales et aux procédés de transformation, sans que chacune ait à porter seule le coût d'un programme universitaire. Ce type de structure s'inscrit dans un mouvement plus large de rapprochement entre industriels de la parfumerie et institutions académiques, alors que la filière fait face à une pression sur la disponibilité de certaines matières premières naturelles cultivées localement et à une demande croissante de traçabilité de leur origine. La reconnaissance, ces dernières années, des savoir-faire liés au parfum en Pays de Grasse par les instances patrimoniales a accru l'attention portée à la transmission de ces compétences, dont la chaire partenariale entend désormais se faire un relais opérationnel.
À retenir
- Premier comité de pilotage de la chaire partenariale tenu, marquant son lancement opérationnel
- Partenaires fondateurs : Département des Alpes-Maritimes, Communauté d'agglomération du Pays de Grasse, Université Côte d'Azur et sa fondation, Robertet
- Quatre axes retenus : recherche et innovation, formation, écosystème industriel, rayonnement
- Budget et feuille de route validés par le comité de pilotage
- Objectif affiché : préserver, transmettre et valoriser le patrimoine olfactif du Pays de Grasse
Sources
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Publiée le 21/07/2026 · consultée le 17/08/2026
