Aller au contenu principal
Édition France · NewsletterRecherche

Le média B2B de la création olfactive, des ingrédients et de l’industrie du parfum.

Navigation

Bulgarie 2026 : la récolte de rose bat des records de volume, mais l'huile essentielle recule

Selon Berjé, la campagne bulgare 2026 a livré des volumes de fleurs de rose inédits, mais la chaleur a réduit la teneur en huile des pétales, resserrant un marché déjà tendu par les coûts et la main-d'œuvre. Ce paradoxe volume-rendement rappelle qu'une bonne récolte apparente ne garantit jamais un approvisionnement abondant en huile essentielle.

Golabgiri ("making Rosewater") is a ceremony taking place annually from mid-May to mid-June in Kashan, Isfahan Province, Iran. (photographie d’illustration)
Photo : mostafa meraji — Unsplash

Selon les informations diffusées par le négociant en matières premières Berjé le 30 juillet 2026, la récolte bulgare de rose de cette année a produit des volumes de fleurs nettement supérieurs à ceux des deux campagnes précédentes, mais les rendements en huile essentielle de rose se sont révélés significativement inférieurs aux attentes. Ce décalage entre quantité de fleurs et quantité d'huile obtenue constitue le fait central de cette campagne, et concerne directement les acheteurs de rose de Bulgarie (Rosa damascena) pour la parfumerie fine et les arômes.

D'après Berjé, l'hiver et le début de printemps ont offert des conditions favorables — températures modérées et pluviométrie suffisante — laissant présager une saison forte. La situation s'est retournée en seconde partie de campagne : une vague de chaleur inhabituelle a provoqué une floraison rapide et concentrée dans le temps, ce qui a produit des volumes journaliers records livrés aux distilleries. Mais la chaleur a, dans le même mouvement, réduit la teneur en huile essentielle contenue dans les pétales. Plusieurs producteurs de la région auraient constaté des phénomènes similaires, ce qui, selon Berjé, illustre que le volume de fleurs récoltées n'est pas en soi un indicateur fiable du volume final d'huile produit.

Cette distinction technique mérite d'être précisée : le rendement d'une distillation de rose dépend de la concentration en composés odorants dans le pétale au moment de la cueillette, un paramètre biologique sensible à la température, à l'ensoleillement et au stade de maturité de la fleur — et non seulement de la masse de matière première traitée. Une floraison brutale et resserrée dans le temps, comme celle décrite pour 2026, met aussi sous tension la capacité de traitement des distilleries, qui doivent absorber en quelques jours ce qu'elles traitent habituellement sur une période plus longue.

Berjé rapporte par ailleurs que la vague de chaleur a compliqué la cueillette elle-même : la rose doit être ramassée rapidement et à un stade précis de développement, mais les pénuries de main-d'œuvre se sont accentuées au fil de la saison, malgré des salaires revus à la hausse. La concurrence d'autres récoltes saisonnières, en particulier les cerises, aurait réduit la disponibilité des cueilleurs. Dans certains cas, les fleurs seraient restées au champ plus longtemps que souhaitable avant la cueillette, ce qui affecte à la fois le rendement et la qualité de l'huile obtenue.

À ces contraintes s'ajoutent des pressions économiques plus larges décrites par Berjé : la hausse des coûts de l'énergie a renchéri la distillation à la vapeur — le procédé standard d'extraction de l'huile de rose bulgare, qui consiste à faire passer de la vapeur d'eau à travers les pétales pour en entraîner les composés volatils — tandis que l'inflation a fait grimper les coûts de main-d'œuvre. Berjé signale un changement notable dans les pratiques commerciales cette année : de nombreux producteurs ont convenu du prix des fleurs avant la récolte plutôt qu'après, comme cela se faisait traditionnellement une fois les rendements et les conditions de marché connus. Les fleurs représentant le premier poste de coût de production, ce basculement vers des contrats fixés en amont est présenté par Berjé comme susceptible d'influencer durablement la structure du marché.

Sur le plan de la durabilité de la filière, Berjé indique que sa filiale Berjé Trakia a récemment fait l'objet d'un audit de l'Union for Ethical BioTrade (UEBT, organisation qui certifie des pratiques d'approvisionnement éthique en ingrédients naturels), sans non-conformité relevée. L'entreprise participe également au Bulgaria Rose Working Group, une initiative collective coordonnée par l'UEBT et l'UNICEF visant à renforcer la responsabilité sociale, la traçabilité et les bonnes pratiques le long de la chaîne d'approvisionnement de la rose bulgare. Berjé mentionne aussi des investissements continus dans l'efficacité de sa distillerie et dans des installations solaires, présentés comme des réponses à la hausse des coûts énergétiques.

Pour les acheteurs et les parfumeurs, cette campagne s'inscrit dans une tension déjà documentée par Berjé sur les publications antérieures de ce même fil d'information : un gel tardif suivi de vagues de chaleur avait réduit les rendements en 2025, et un déclin de la main-d'œuvre disponible était déjà signalé en 2024, avec une estimation de 25 000 cueilleurs actifs contre 50 000 dans une saison optimale. La récurrence de ces facteurs — climat, main-d'œuvre, énergie — associée au nouveau mode de fixation des prix en amont de la récolte, désigne un marché de la rose de Bulgarie durablement ferme, où la disponibilité de l'huile dépendra moins du volume de fleurs récoltées que de la conjonction de ces contraintes structurelles.

À retenir

  • Selon Berjé, la récolte bulgare de rose 2026 a produit des volumes de fleurs records, mais un rendement en huile essentielle inférieur aux attentes.
  • Une vague de chaleur en seconde partie de campagne a concentré la floraison et réduit la teneur en huile des pétales.
  • Des pénuries de main-d'œuvre, aggravées par la concurrence de la récolte des cerises, ont retardé certaines cueillettes.
  • La hausse des coûts de l'énergie et de l'inflation a renchéri la distillation à la vapeur et la main-d'œuvre.
  • De nombreux producteurs ont fixé le prix des fleurs avant la récolte cette année, un changement de pratique commerciale jugé durable par Berjé.
  • Berjé Trakia a passé avec succès un audit UEBT et participe au Bulgaria Rose Working Group coordonné par l'UEBT et l'UNICEF.

Sources

  1. 01

    Why More Flowers Didn’t Mean More Rose Oil

    Berjé — matières premièresCommunication d’entrepriseSource primaire

    Publiée le 30/07/2026 · consultée le 10/08/2026